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Question en attente de réponse

idBUS : un investissement rétrograde

Bonjour,

Je me pose la question suivante : « Est-ce que la mission et l’objectif de la SNCF sont bien de favoriser l’utilisation du transport ferroviaire par les usagers plutôt que de les encourager à prendre la route ? ».

Si la réponse à cette question est bien oui, je m’interroge sur l’opportunité d’investir dans un réseau de transport routier par bus (idBUS) plutôt que de consacrer cet argent à améliorer les transports ferroviaires de proximité (qui en ont bien besoin) et la politique tarifaire de la SNCF en général.

  • Le choix d’encourager le transport routier n’est pas écologiquement responsable. C’est un choix rétrograde et ringard.
  • Si la création d’idBUS est destinée à récupérer un marché perdu par la SNCF au profit des transporteurs routiers à cause de tarifs SNCF trop élevés, le raisonnement me semble fallacieux et fait preuve de préoccupations très éloignées de la notion de service public. La mise en place d’une politique tarifaire plus juste, plus claire et moins excessive est certainement un meilleur moyen de ramener les usagers vers le train (et pas seulement vers la SNCF) plutôt que d’aller concurrencer des entreprises sur un marché où la SNCF n’a pas vocation à être présente. Cette décision cherche donc à corriger une erreur en en faisant une encore plus grosse.
  • La gare SNCF que j’utilise pour me rendre à Paris (Vulaines sur Seine) présente la caractéristique, comme d’autres gares de la ligne, d’être inaccessible aux personnes âgées ou handicapées. Ces personnes ne peuvent monter dans le train sans aide pour cause de quai trop bas, d’ouverture de porte quasiment impossible depuis le quai et d’absence de barre de maintien à l’extérieur des voitures (il faut que la portière soit ouverte pour pouvoir trouver un point d’accrochage). Comment s’étonner que certains préfèrent prendre le bus ou leur voiture personnelle ? Si la SNCF veut récupérer ces usagers, qu’elle leur permette déjà de monter dans ses trains sans encombre. Ce sera un investissement plus intelligent que le financement du routier.
  • Concernant les tarifs, j’avoue que je ne comprends pas bien comment nous en sommes arrivés là. Quand j’étais étudiant (années 70) et que je me déplaçais fréquemment en Allemagne, mon maigre budget de boursier me permettait d’acheter sans problème un billet pour Hambourg en wagon-lit. Aujourd’hui, le wagon-lit n’existe plus et je dois payer ma nuit dans le train, recroquevillé dans un siège inconfortable, 3 ou 4 fois plus cher qu’un billet d’avion au minimum (dans la mesure où je peux trouver un billet de train pour cette destination). Autre exemple, un Paris-Vienne (Autriche) en train coûte une fortune comparé à l’avion.

Expliquez-moi…

  • Avec ce projet, la SNCF s’inscrit dans une logique que l’on retrouve dans d’autres secteurs : le cœur de métier n’a plus d’importance, ce qui compte c’est de faire des profits. Ainsi les banques proposent désormais des services téléphoniques, des assurances, etc. , la SNCF propose du transport routier,… pourquoi pas un service bancaire ?
  • Le site Voyages-SNCF est devenu l’interface principale entre les usagers désireux d’acquérir un billet et la SNCF. En tant qu’ancien consultant en informatique, je dois dire que je suis stupéfait de la mauvaise qualité de ce développement. Les bugs pullulent, les incohérences sont nombreuses, les aberrations fréquentes,… La version précédente n’était déjà pas très glorieuse, la nouvelle est une catastrophe ergonomique. Si l’objectif était de dégoûter les usagers et de les encourager à utiliser un autre moyen de transport, c’est gagné. Très curieusement, il m’est arrivé plusieurs fois de trouver sur le site de la Deutsche Bahn les horaires et le billet (pour un trajet uniquement en France) que le site Voyages-SNCF refusait de me fournir car voulant absolument m’obliger, contre toute logique, à prendre le TGV au lieu des lignes secondaires, compte tenu du lieu de départ et de la destination. C’est quand même un comble.

Tout cela relève d’un raisonnement de têtes d’œuf technocratiques qui ont totalement perdu de vue le sens du bien commun. Vouloir tout faire et concurrencer tout le monde sur tous les terrains est un non-sens. Ce qui permet à l’Allemagne de mieux surmonter que nous la crise actuelle, c’est leur tissu d’entreprises spécialisées et concentrées sur leur savoir-faire et leur métier et ne cherchant pas à être les maîtres du marché dans tous les domaines. Une leçon que les « grands entrepreneurs » français n’ont pas encore comprise.

Salutations.

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Patrick

Patrick Philippot
Patrick Philippot

Réponses

Patrick Philippot
Patrick Philippot

D'ailleurs, si la SNCF était cohérente dans ses raisonnements, elle devrait plutôt investir dans une compagnie aérienne. En effet, sa politique tarifaire a plutôt tendance à rediriger ses clients vers l'aérien encore plus que vers le routier. Si on applique le même principe (récupération du marché perdu), il faudrait plutôt créer Air SNCF que idBus.

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